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Kinshasa au ralenti : des élèves fatigués, en retard et à pied

Administrateur Nakelasi 3 min de lecture 180 vues
Kinshasa au ralenti : des élèves fatigués, en retard et à pied

Ce lundi 26 janvier 2026, Kinshasa s'est réveillée sous un climat inhabituel. Les rues de la capitale, habituellement animées, présentent un visage presque figé : rares bus en circulation, taxis introuvables et arrêts de transport envahis par des usagers désemparés. La ville tourne au ralenti, conséquence directe du lancement d'un contrôle strict des documents de bord des véhicules.

Dès les premières heures de la matinée, la perturbation est visible. Aux environs de 8h30, à l'Université Pédagogique Nationale (UPN), la tension est palpable. Les opérations de vérification des permis de conduire, assurances, contrôles techniques et vignettes ont poussé de nombreux chauffeurs à retirer leurs véhicules de la circulation, réduisant considérablement l'offre de transport.

La situation est similaire à Kitambo Magasin, où les transports en commun se font extrêmement rares. Cette pénurie a entraîné une flambée immédiate des tarifs. Le trajet Kitambo–Gare Centrale, habituellement fixé à 2 000 francs congolais, se négociait ce lundi à 3 000 FC, voire plus, selon la disponibilité des véhicules et l'heure. Face à ces contrôles stricts, plusieurs conducteurs dont les documents ne sont pas en règle ont préféré observer un mouvement de grève, paralysant une partie importante du trafic urbain.

Pour les écoliers, cette situation devient un véritable calvaire. Habitués à se rendre à l'école en transport en commun, beaucoup sont contraints de faire le trajet à pied, parcourant de longues distances fatigués et transpirants, et arrivant souvent en retard. Certains enseignants font preuve de compréhension face à ces retards, mais d'autres appliquent des sanctions, privant ainsi les élèves des premières heures de cours.

À la sortie des classes, le calvaire continue. Après de longues heures d'attente sous un soleil accablant, le dos courbé sous le poids du cartable, de nombreux élèves choisissent la « ligne 11 » (marcher à pied) pour rentrer chez eux. Avec la rareté des véhicules, le coût du transport a parfois triplé ou quadruplé, rendant le déplacement encore plus difficile pour ceux dont le budget est limité.

Témoignage poignant : Madame Yollande raconte la journée de sa fille :

« Ma fille n'est rentrée à la maison qu'à 17h10, alors que la sortie des cours est prévue à 13h30. Elle était épuisée. Elle m'a dit : 'Maman, je veux juste faire mes devoirs puis m'endormir, car je suis très fatiguée.' Et elle m'a demandé : 'Demain encore, ce sera pareil, maman ?' Je lui ai promis que la situation finirait par s'améliorer. »

En attendant une normalisation, les habitants de Kinshasa vivent une journée éprouvante, marquée par l'incertitude, l'improvisation et la débrouille. Pour les écoliers et leurs parents, cette rareté du transport révèle à quel point la mobilité urbaine reste un maillon fragile de la vie quotidienne dans la capitale congolaise.

#transports #élèves #Kinshasa
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